En lisant le texte de danah boyd intitulé Social Network Sites: Public, Private, or What? je me suis rappelée la controverse qui existe dans le monde de l'éducation à propos des sites du type Facebook.
D'un côté, comme l'auteur le présente, il y a les enseignants (et autres intervenants) qui démonisent les réseaux sociaux, tentant d'interdire leur utilisation sous toutes ses formes.
De l'autre côté, ceux qui espèrent que ce n'est qu'un engouement temporaire, qui tentent de nier leur existence en les ignorant.
Encore d'un autre côté, ceux qui ont décidé, par goût personnel ou par un peu de réflexion critique, que les réseaux sociaux étaient là pour rester, qu'ils sont une grande part de l'identité adolescente actuelle et qu'il vaut mieux s'en servir pour "éduquer", autrement, les adolescents.
Je rajouterais une quatrième catégorie d'enseignants: les "techno-tripeux" (ma propre appellation). Ceux qui embarquent à 200 km/h dans tout ce qui est technologique, nouveau, tendance et "cool", souvent sans réfléchir ni se donner du temps de recul.
Ce qui m'amène à la fameuse controverse: être ami ou non avec ses élèves sur Facebook? Chantal Potvin, enseignante a bien décrit les dérives possibles de cette situation dans une lettre au courrier des lecteurs de La Presse.
Pour ma part, si j'avais eu un profil Facebook au moment où j'enseignais, je n'aurais jamais accepté d'être ami avec quelqu'élève que se soit, même les plus adorables, fiables, responsables, matures, etc. Je crois qu'entre un enseignant et ses élèves se développe une relation qui tient plus de l'autorité (attention, pas l'autoritarisme) que de l'amitié. En tant qu'enseignante, je devais me poser en "modèle" afin de conserver une certaine crédibilité face à mes élèves. Une page Facebook où on peut me voir prendre un verre (même si les élèves imaginaient bien que je consommais de l'alcool à l'occasion), lire que je vais magasiner (et où)? Non merci, cela ne les concerne pas, comme leur vie hors de l'école ne me concerne pas. Ok, il est vrai que ce qui se passe en dehors de l'école influence sur le comportement et les attitudes à l'école, mais je n'ai pas besoin, pour intervenir intelligemment, d'avoir un rapport détaillé de la fin de semaine super moche de celui qui dort au fond de la classe.
Comme on dit parfois "trop de détails..."
Mais, pour certains enseignants, c'est la l'idée du siècle d'être ami avec ses élèves sur Facebook. Ils disent que ça leur permet de mieux les connaître. Désolée, je ne suis pas l'amie de mes élèves, je suis leur enseignante.
C'est autre chose lorsque nos "grands-tout-petits" ont quitté l'école, qu'ils sont au cégep, à l'université ou sur le monde du travail et que certains d'entre eux nous recontactent (surtout ceux avec qui on avait plus d'atomes crochus). À ce moment, il s'agit de gros bon sens.
dimanche 9 décembre 2012
vendredi 7 décembre 2012
Long tail et coopération
La conférence de Clay Shirky m'a amenée à réfléchir à l'aspect le plus efficace de la coopération: la possibilité de "récupérer" toutes les contributions, pas seulement celles des plus prolifiques.
Il aborde le concept de du 80%-20% (long tail ou traîne)selon lequel 20% des gens produisent (ou utilisent) 80% des ressources et 80% des gens font la même chose avec les 20% restants des ressources. C'est un concept que j'ai vu également au cours de mes études en bibliothéconomie: 80% de la population lit 20% des livres édités (ou disponibles). Ainsi, les 80% de livres restants sont lus par 20% de la population. En bref, nous lisons, généralement, tous la même chose, en petite quantité et quelques rares personnes lisent des livres différents, mais en lisent beaucoup. Mais cela ne parle pas de la qualité du 20% ou du 80% des livres.
Je trouve très intéressante l'idée de la long tail au niveau de la production de quelque chose (il donne l'exemple d'une patch pour Linux). En effet, parfois la valeur de la contribution de quelqu'un ne se chiffre pas en quantité (ou productivité), mais en qualité (utilité, nécessité, etc.). Il est vrai que pour des institutions (entreprises, gouvernements et autres), ces gens (80%) ne sont pas rentables en tant qu'employés. Mais, dans une situation de coopération telle que décrite dans la conférence, c'est génial. Sans que cela soit le futur exclusif (car il ne faut pas oublier que l'humain est foncièrement paresseux; s'il sait qu'il n'a qu'un petit effort à fournir pour réussir, il n'ira pas au-delà), cela peut être une piste intéressante. On voit aujourd'hui ce type de coopération au niveau des logiciels libres actuellement, tels que Koha.
En espérant que le "virus" se répande...
Il aborde le concept de du 80%-20% (long tail ou traîne)selon lequel 20% des gens produisent (ou utilisent) 80% des ressources et 80% des gens font la même chose avec les 20% restants des ressources. C'est un concept que j'ai vu également au cours de mes études en bibliothéconomie: 80% de la population lit 20% des livres édités (ou disponibles). Ainsi, les 80% de livres restants sont lus par 20% de la population. En bref, nous lisons, généralement, tous la même chose, en petite quantité et quelques rares personnes lisent des livres différents, mais en lisent beaucoup. Mais cela ne parle pas de la qualité du 20% ou du 80% des livres.
Je trouve très intéressante l'idée de la long tail au niveau de la production de quelque chose (il donne l'exemple d'une patch pour Linux). En effet, parfois la valeur de la contribution de quelqu'un ne se chiffre pas en quantité (ou productivité), mais en qualité (utilité, nécessité, etc.). Il est vrai que pour des institutions (entreprises, gouvernements et autres), ces gens (80%) ne sont pas rentables en tant qu'employés. Mais, dans une situation de coopération telle que décrite dans la conférence, c'est génial. Sans que cela soit le futur exclusif (car il ne faut pas oublier que l'humain est foncièrement paresseux; s'il sait qu'il n'a qu'un petit effort à fournir pour réussir, il n'ira pas au-delà), cela peut être une piste intéressante. On voit aujourd'hui ce type de coopération au niveau des logiciels libres actuellement, tels que Koha.
En espérant que le "virus" se répande...
mercredi 5 décembre 2012
Badaduq!
Je viens de lire dans le Magazine Inter- de l'UQAM que Badaduq a été le premier catalogue automatisé qui permettait aux usagers de faire la recherche eux-mêmes.
En effet, selon cet article, Badaduq aurait été inauguré en octobre 1972, trois ans avant celui de la bibliothèque de l'Université d'État de l'Ohio.
Bref, quelle innovation! Dire qu'aujourd'hui, tous ceux qui ont travaillé avec Badaduq ne peuvent imaginer, dans la même phrase, innovation et Badaduq...
Je me rappelle mes débuts à l'UQAM, en 1994 (à l'âge de pierre d'Internet). Je me souviens d'avoir été estomaquée de pouvoir chercher, sur place, à l'aide d'un terminal (en mode commande quand même) des documents de la bibliothèque et d'obtenir leur emplacement à l'écran. Plus besoin de compulser les fiches cartonnées... En plus, j'avais accès de la maison à ce merveilleux catalogue, par un modem téléphonique, presque digne du film "WarGames". Wow!
Dire qu'aujourd'hui, quand je ne trouve pas le texte intégral d'un article en ligne ou que je dois me déplacer à la bibliothèque pour faire des photocopies d'un chapitre de livre pour un cours, j'enrage!
Que d'évolution en si peu de temps. Que nous réserve la prochaine décennie?
En effet, selon cet article, Badaduq aurait été inauguré en octobre 1972, trois ans avant celui de la bibliothèque de l'Université d'État de l'Ohio.
Bref, quelle innovation! Dire qu'aujourd'hui, tous ceux qui ont travaillé avec Badaduq ne peuvent imaginer, dans la même phrase, innovation et Badaduq...
Je me rappelle mes débuts à l'UQAM, en 1994 (à l'âge de pierre d'Internet). Je me souviens d'avoir été estomaquée de pouvoir chercher, sur place, à l'aide d'un terminal (en mode commande quand même) des documents de la bibliothèque et d'obtenir leur emplacement à l'écran. Plus besoin de compulser les fiches cartonnées... En plus, j'avais accès de la maison à ce merveilleux catalogue, par un modem téléphonique, presque digne du film "WarGames". Wow!
Dire qu'aujourd'hui, quand je ne trouve pas le texte intégral d'un article en ligne ou que je dois me déplacer à la bibliothèque pour faire des photocopies d'un chapitre de livre pour un cours, j'enrage!
Que d'évolution en si peu de temps. Que nous réserve la prochaine décennie?
Amis réels? Amis virtuels? Simples connaissances?
En lisant le billet de Marianne sur les relations symétriques forcées sur Facebook, force m'est de reconnaître que je ne suis vraiment pas une "sociale" (virtuelle et réelle).
Tous mes (quelques) "amis" Facebook sont des gens que je connais réellement (membres de ma famille, amis proches, relations de travail ou d'études).
J'ai déjà refusé d'être ami avec des gens que je ne connaissais vraiment pas. Pas facile, disons que le site peut être insistant avec ses "vous connaissez peut-être aussi" et avec le nombre d'amis en communs.
Mais il ne m'est pas encore arrivé de recevoir des invitations de gens que j'avais à peine rencontré. Dieu merci! En effet, ça peut causer un malaise de refuser l'invitation et de revoir ces gens plus tard. On n'est pas loin du malaise dans la vidéo "Facebook in Reality" lorsque la personne qui veut devenir notre ami se présente à notre porte...
Tous mes (quelques) "amis" Facebook sont des gens que je connais réellement (membres de ma famille, amis proches, relations de travail ou d'études).
J'ai déjà refusé d'être ami avec des gens que je ne connaissais vraiment pas. Pas facile, disons que le site peut être insistant avec ses "vous connaissez peut-être aussi" et avec le nombre d'amis en communs.
Mais il ne m'est pas encore arrivé de recevoir des invitations de gens que j'avais à peine rencontré. Dieu merci! En effet, ça peut causer un malaise de refuser l'invitation et de revoir ces gens plus tard. On n'est pas loin du malaise dans la vidéo "Facebook in Reality" lorsque la personne qui veut devenir notre ami se présente à notre porte...
Complexité du Web social
Dire que je croyais que le Web social était tout simple dans sa structure... Vraiment, quelle ignorance!
Je me serait bien rendu compte de la complexité de cette hiérarchie si j'y avais réfléchi un peu.
Les différents types de médias sociaux sont, comme on peut le lire dans la section 5.4.1 du cours, ne sont pas tous faciles à classer. J'ai bien l'impression que certains outils ou services tentent de plus en plus de jouer dans plusieurs niches à la fois. Ce qui ne facilite pas la tâche de s'y retrouver, pour le néophyte.
Et en plus, les plateformes qui tentent de tout faire! C'est suffisant pour s'y perdre. Je suis perdue...
Ok, je ne suis pas très "Web social" naturellement. Je découvre, depuis le début de ce cours, des outils et services super intéressants.
Mais je me questionne toujours: est-ce que l'effort en vaut la peine? Est-ce, à long terme, ça vaut la peine de me créer une bibliothèque virtuelle sur LibraryThing? Où si je ne devrais que me créer un carnet de lectures (papier ou Word)? Si je vais en ligne, que j'apprivoise ce service, que je crée mon profil, que je l'alimente, est-ce j'en retirerai des bénéfices réels? Ok, j'aurai des suggestions d'autres lecteurs, je découvrirai sûrement des auteurs et des livres passionnants, mais est-ce que le jeu en vaut la chandelle?
Je me serait bien rendu compte de la complexité de cette hiérarchie si j'y avais réfléchi un peu.
Les différents types de médias sociaux sont, comme on peut le lire dans la section 5.4.1 du cours, ne sont pas tous faciles à classer. J'ai bien l'impression que certains outils ou services tentent de plus en plus de jouer dans plusieurs niches à la fois. Ce qui ne facilite pas la tâche de s'y retrouver, pour le néophyte.
Et en plus, les plateformes qui tentent de tout faire! C'est suffisant pour s'y perdre. Je suis perdue...
Ok, je ne suis pas très "Web social" naturellement. Je découvre, depuis le début de ce cours, des outils et services super intéressants.
Mais je me questionne toujours: est-ce que l'effort en vaut la peine? Est-ce, à long terme, ça vaut la peine de me créer une bibliothèque virtuelle sur LibraryThing? Où si je ne devrais que me créer un carnet de lectures (papier ou Word)? Si je vais en ligne, que j'apprivoise ce service, que je crée mon profil, que je l'alimente, est-ce j'en retirerai des bénéfices réels? Ok, j'aurai des suggestions d'autres lecteurs, je découvrirai sûrement des auteurs et des livres passionnants, mais est-ce que le jeu en vaut la chandelle?
mardi 20 novembre 2012
Qui influence qui?
À la lecture de l'article de Clay Shirky Power Laws, Weblogs, and Inequality datant de 2003, je me suis mise à réfléchir à propos de ce qui nous influence dans nos choix de lecture (blogues, Web en général, livres, journaux, etc.).
L'article susmentionné amène l'idée que les choix de blogues (ou de lectures...) que nous consultons sont influencés, du moins en partie, par ceux des autres personnes qui ont "choisi" avant nous. Dans l'absolu, je comprends l'idée mais, personnellement, j'ai un peu de difficulté à m'imaginer être influencée par de parfaits étrangers dans mes choix. Disons que le terme "346,032 views" de Youtube ne m'attire pas plus que s'il y avait que 10 "views" pour un vidéo.
J'ai même la tendance inverse: plus un truc semble super populaire et vu, lu ou entendu par tout le monde, moins il me semble que j'ai le goût de le consulter. Ce n'est pas du snobisme, ne vous en déplaise, mais plutôt un recul instinctif qui me fait me demander "qui" aime vraiment ça? Ai-je les mêmes goûts, opinions, envies que ces gens-là?
Bref, beaucoup plus influencée par des gens dont je connais les goûts et les opinions (même s'ils sont à l'inverse des miens...) que par un nombre anonyme de supporters. Donc, oui, l'idée de Shirky à propos de l'influence des autres sur nos choix me paraît pertinente, mais surtout si on peut mettre un nom ou un visage à au moins quelques "autres", histoire de comparer nos choix précédents avec eux.
L'article susmentionné amène l'idée que les choix de blogues (ou de lectures...) que nous consultons sont influencés, du moins en partie, par ceux des autres personnes qui ont "choisi" avant nous. Dans l'absolu, je comprends l'idée mais, personnellement, j'ai un peu de difficulté à m'imaginer être influencée par de parfaits étrangers dans mes choix. Disons que le terme "346,032 views" de Youtube ne m'attire pas plus que s'il y avait que 10 "views" pour un vidéo.
J'ai même la tendance inverse: plus un truc semble super populaire et vu, lu ou entendu par tout le monde, moins il me semble que j'ai le goût de le consulter. Ce n'est pas du snobisme, ne vous en déplaise, mais plutôt un recul instinctif qui me fait me demander "qui" aime vraiment ça? Ai-je les mêmes goûts, opinions, envies que ces gens-là?
Bref, beaucoup plus influencée par des gens dont je connais les goûts et les opinions (même s'ils sont à l'inverse des miens...) que par un nombre anonyme de supporters. Donc, oui, l'idée de Shirky à propos de l'influence des autres sur nos choix me paraît pertinente, mais surtout si on peut mettre un nom ou un visage à au moins quelques "autres", histoire de comparer nos choix précédents avec eux.
Qu'arrive-t-il aux nouvelles d'intérêt local?
On peut en effet se poser la question quant aux choix éditoriaux des médias de masse à propos des nouvelles à traiter.
Comme le démontre l'article du site Journalism.org paru en 2007, les médias de masse se concentrent principalement sur les nouvelles et événements à caractère national, ou au moins régional, s'ils ont des antennes régionales. Comme on l'a vu dans la section 4.4.2 du cours Web Social - INF6107, il n'est pas rentable, pour eux de s'attarder aux nouvelles locales.
Ces dernières sont donc laissées pour compte, ou reléguées à la télé ou la radio communautaire locale ou aux hebdomadaires des différentes localités. Rien de bien palpitant pour quelqu'un intéressé par ce qui se passe dans son patelin. Enfin, il peut toujours se rabattre sur les commérages et les affiches sur le babillard de l'épicerie ou de la caisse pop, mais c'est vraiment moche.
Le côté intéressant des blogues (et autres outils du Web social) est qu'il permet de publiciser (pas au sens mercantile, mais bien au sens "faire connaître"...) des événements à venir, des événements passés (des nouvelles!) et des informations qui intéresseront les gens du coin ou les gens qui ont un intérêt dans cette région.
Après avoir trouvé plein de défauts au Web social, voilà que je commence à lui trouver des qualités... Définitivement, j'accroche!!!
Comme le démontre l'article du site Journalism.org paru en 2007, les médias de masse se concentrent principalement sur les nouvelles et événements à caractère national, ou au moins régional, s'ils ont des antennes régionales. Comme on l'a vu dans la section 4.4.2 du cours Web Social - INF6107, il n'est pas rentable, pour eux de s'attarder aux nouvelles locales.
Ces dernières sont donc laissées pour compte, ou reléguées à la télé ou la radio communautaire locale ou aux hebdomadaires des différentes localités. Rien de bien palpitant pour quelqu'un intéressé par ce qui se passe dans son patelin. Enfin, il peut toujours se rabattre sur les commérages et les affiches sur le babillard de l'épicerie ou de la caisse pop, mais c'est vraiment moche.
Le côté intéressant des blogues (et autres outils du Web social) est qu'il permet de publiciser (pas au sens mercantile, mais bien au sens "faire connaître"...) des événements à venir, des événements passés (des nouvelles!) et des informations qui intéresseront les gens du coin ou les gens qui ont un intérêt dans cette région.
Après avoir trouvé plein de défauts au Web social, voilà que je commence à lui trouver des qualités... Définitivement, j'accroche!!!
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