jeudi 27 décembre 2012

Anonymat sur le Web

N'étant pas une grande utilisatrice de YouTube, je n'avais jamais réalisé que l'anonymat y est du côté du visionnement et du commentaire.

Les gens qui publient des vidéos d'eux sur ce site, à moins de se déguiser ou de se camoufler, ne sont pas anonymes, même si leur nom d'utilisateur n'est pas leur vrai nom.

L'anonymat est du côté de tous ceux qui regardent le vidéo, les voyeurs en fait, qui dévisagent les gens qui se sont filmés. Ce qui ne serait pas toléré dans la rue, ou dans l'espace public réel le devient dans le virtuel, car les auteurs des vidéos ne savent jamais qui les regardent.

Comme le mentionne Michael Wesch, dans son vidéo An anthropological introduction to YouTube, le vidéo est asynchrone. On ne sait pas vraiment à qui on s'adresse, qui visionnera vraiment ce qu'on publie, qui le commentera ou le "remixera".

J'imagine que les gens qui reçoivent des commentaires négatifs ou insultants doivent se rendre compte de ce phénomène (un peu comme si on les avait insultés dans la rue ou à l'école). Mais ceux qui reçoivent des félicitations doivent, au contraire, se sentir flattés et appréciés.

Bref, selon moi, il faudrait repenser l'opérationnalisation du concept d'anonymat, pour qu'il soit, soit bidirectionnel, soit impossible, même pour les commentateurs. Mais je ne crois pas que cela soit réalisable.

mardi 11 décembre 2012

Les réseaux sociaux: espace privé ou public

Il est fascinant de voir à quel point plusieurs personnes n'imaginent pas que leur profil sur un réseau social (genre Facebook) est public et facilement recherchable par n'importe qui.

En lisant le module 6 du cours INF6107, surtout la section Vie privée et vie publique, force m'est d'admettre que peu de gens, moi la première, réalisent bien que tout ce qui est sur Internet est public. Pas seulement au sens "réel" du terme, mais au sens virtuel: n'importe qui, à n'importe quel moment (présent ou futur) peut trouver n'importe quoi que vous avez écrit, publié, étiqueté, aimé, etc.

Tout laisse une trace! Comme le dit danah boyd dans son article Social Network Sites : Public, Private, or What ? , tout ce qui est "dit" (au sens informatique) demeure à jamais dit et recherchable. De plus, tout est copiable, à un niveau ou un autre, ce qui donne beaucoup d'informations hors contexte (le "club des mal cités" semble s'agrandir chaque jour).

Finalement, il faudrait peut-être imaginer, toujours comme le dit danah boyd, que tout ce qu'on "dit" sur Internet sera entendu par tout le monde. Ok, c'est difficile à appréhender "tout le monde". Imaginez que la personne que vous ne voulez surtout pas mettre au courant de votre dernière "nouvelle" soit au courant. Il faut peut-être imaginer ce scénario catastrophe (l'équivalent de tourner sa langue 7 fois avant de parler) pour acquérir un peu de retenue...

dimanche 9 décembre 2012

Les réseaux sociaux et les enseignants

En lisant le texte de danah boyd intitulé Social Network Sites: Public, Private, or What? je me suis rappelée la controverse qui existe dans le monde de l'éducation à propos des sites du type Facebook.

D'un côté, comme l'auteur le présente, il y a les enseignants (et autres intervenants) qui démonisent les réseaux sociaux, tentant d'interdire leur utilisation sous toutes ses formes.

De l'autre côté, ceux qui espèrent que ce n'est qu'un engouement temporaire, qui tentent de nier leur existence en les ignorant.

Encore d'un autre côté, ceux qui ont décidé, par goût personnel ou par un peu de réflexion critique, que les réseaux sociaux étaient là pour rester, qu'ils sont une grande part de l'identité adolescente actuelle et qu'il vaut mieux s'en servir pour "éduquer", autrement, les adolescents.

Je rajouterais une quatrième catégorie d'enseignants: les "techno-tripeux" (ma propre appellation). Ceux qui embarquent à 200 km/h dans tout ce qui est technologique, nouveau, tendance et "cool", souvent sans réfléchir ni se donner du temps de recul.

Ce qui m'amène à la fameuse controverse: être ami ou non avec ses élèves sur Facebook? Chantal Potvin, enseignante a bien décrit les dérives possibles de cette situation dans une lettre au courrier des lecteurs de La Presse.

Pour ma part, si j'avais eu un profil Facebook au moment où j'enseignais, je n'aurais jamais accepté d'être ami avec quelqu'élève que se soit, même les plus adorables, fiables, responsables, matures, etc. Je crois qu'entre un enseignant et ses élèves se développe une relation qui tient plus de l'autorité (attention, pas l'autoritarisme) que de l'amitié. En tant qu'enseignante, je devais me poser en "modèle" afin de conserver une certaine crédibilité face à mes élèves. Une page Facebook où on peut me voir prendre un verre (même si les élèves imaginaient bien que je consommais de l'alcool à l'occasion), lire que je vais magasiner (et où)? Non merci, cela ne les concerne pas, comme leur vie hors de l'école ne me concerne pas. Ok, il est vrai que ce qui se passe en dehors de l'école influence sur le comportement et les attitudes à l'école, mais je n'ai pas besoin, pour intervenir intelligemment, d'avoir un rapport détaillé de la fin de semaine super moche de celui qui dort au fond de la classe.

Comme on dit parfois "trop de détails..."

Mais, pour certains enseignants, c'est la l'idée du siècle d'être ami avec ses élèves sur Facebook. Ils disent que ça leur permet de mieux les connaître. Désolée, je ne suis pas l'amie de mes élèves, je suis leur enseignante.

C'est autre chose lorsque nos "grands-tout-petits"  ont quitté l'école, qu'ils sont au cégep, à l'université ou sur le monde du travail et que certains d'entre eux nous recontactent (surtout ceux avec qui on avait plus d'atomes crochus). À ce moment, il s'agit de gros bon sens.

vendredi 7 décembre 2012

Long tail et coopération

La conférence de Clay Shirky m'a amenée à réfléchir à l'aspect le plus efficace de la coopération: la possibilité de "récupérer" toutes les contributions, pas seulement celles des plus prolifiques.

Il aborde le concept de du 80%-20% (long tail ou traîne)selon lequel 20% des gens produisent (ou utilisent) 80% des ressources et 80% des gens font la même chose avec les 20% restants des ressources. C'est un concept que j'ai vu également au cours de mes études en bibliothéconomie: 80% de la population lit 20% des livres édités (ou disponibles). Ainsi, les 80% de livres restants sont lus par 20% de la population. En bref, nous lisons, généralement, tous la même chose, en petite quantité et quelques rares personnes lisent des livres différents, mais en lisent beaucoup. Mais cela ne parle pas de la qualité du 20% ou du 80% des livres.

Je trouve très intéressante l'idée de la long tail au niveau de la production de quelque chose (il donne l'exemple d'une patch pour Linux). En effet, parfois la valeur de la contribution de quelqu'un ne se chiffre pas en quantité (ou productivité), mais en qualité (utilité, nécessité, etc.). Il est vrai que pour des institutions (entreprises, gouvernements et autres), ces gens (80%) ne sont pas rentables en tant qu'employés. Mais, dans une situation de coopération telle que décrite dans la conférence, c'est génial. Sans que cela soit le futur exclusif (car il ne faut pas oublier que l'humain est foncièrement paresseux; s'il sait qu'il n'a qu'un petit effort à fournir pour réussir, il n'ira pas au-delà), cela peut être une piste intéressante. On voit aujourd'hui ce type de coopération au  niveau des logiciels libres actuellement, tels que Koha.

En espérant que le "virus" se répande...

mercredi 5 décembre 2012

Badaduq!

Je viens de lire dans le Magazine Inter- de l'UQAM que Badaduq a été le premier catalogue automatisé qui permettait aux usagers de faire la recherche eux-mêmes.

En effet, selon cet article, Badaduq aurait été inauguré en octobre 1972, trois ans avant celui de la bibliothèque de l'Université d'État de l'Ohio.

Bref, quelle innovation! Dire qu'aujourd'hui, tous ceux qui ont travaillé avec Badaduq ne peuvent imaginer, dans la même phrase, innovation et Badaduq...

Je me rappelle mes débuts à l'UQAM, en 1994 (à l'âge de pierre d'Internet). Je me souviens d'avoir été estomaquée de pouvoir chercher, sur place, à l'aide d'un terminal (en mode commande quand même) des documents de la bibliothèque et d'obtenir leur emplacement à l'écran. Plus besoin de compulser les fiches cartonnées... En plus, j'avais accès de la maison à ce merveilleux catalogue, par un modem téléphonique, presque digne du film "WarGames". Wow!

Dire qu'aujourd'hui, quand je ne trouve pas le texte intégral d'un article en ligne ou que je dois me déplacer à la bibliothèque pour faire des photocopies d'un chapitre de livre pour un cours, j'enrage!

Que d'évolution en si peu de temps. Que nous réserve la prochaine décennie?

Amis réels? Amis virtuels? Simples connaissances?

En lisant le billet de Marianne sur les relations symétriques forcées sur Facebook, force m'est de reconnaître que je ne suis vraiment pas une "sociale" (virtuelle et réelle).

Tous mes (quelques) "amis" Facebook sont des gens que je connais réellement (membres de ma famille, amis proches, relations de travail ou d'études).

J'ai déjà refusé d'être ami avec des gens que je ne connaissais vraiment pas. Pas facile, disons que le site peut être insistant avec ses "vous connaissez peut-être aussi" et avec le nombre d'amis en communs.

Mais il ne m'est pas encore arrivé de recevoir des invitations de gens que j'avais à peine rencontré. Dieu merci! En effet, ça peut causer un malaise de refuser l'invitation et de revoir ces gens plus tard. On n'est pas loin du malaise dans la vidéo "Facebook in Reality" lorsque la personne qui veut devenir notre ami se présente à notre porte...

Complexité du Web social

Dire que je croyais que le Web social était tout simple dans sa structure... Vraiment, quelle ignorance!

Je me serait bien rendu compte de la complexité de cette hiérarchie si j'y avais réfléchi un peu.

Les différents types de médias sociaux sont, comme on peut le lire dans la section 5.4.1 du cours, ne sont pas tous faciles à classer. J'ai bien l'impression que certains outils ou services tentent de plus en plus de jouer dans plusieurs niches à la fois. Ce qui ne facilite pas la tâche de s'y retrouver, pour le néophyte.

Et en plus, les plateformes qui tentent de tout faire! C'est suffisant pour s'y perdre. Je suis perdue...

Ok, je ne suis pas très "Web social" naturellement. Je découvre, depuis le début de ce cours, des outils et services super intéressants.

Mais je me questionne toujours: est-ce que l'effort en vaut la peine? Est-ce, à long terme, ça vaut la peine de me créer une bibliothèque virtuelle sur LibraryThing? Où si je ne devrais que me créer un carnet de lectures (papier ou Word)? Si je vais en ligne, que j'apprivoise ce service, que je crée mon profil, que je l'alimente, est-ce j'en retirerai des bénéfices réels? Ok, j'aurai des suggestions d'autres lecteurs, je découvrirai sûrement des auteurs et des livres passionnants, mais est-ce que le jeu en vaut la chandelle?